26
avril-2017

L’attitude de certains Backpackers est inadmissible!!

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Etant donné le titre de notre site, « Backpackers Attitude », je me devais de faire un commentaire sur l’attitude honteuse de certains backpackers  qui font la manche dans les rues de certains pays en voie de développement, comme en Thailande, ou encore pire qui volent!

Voilà un comportement qui témoigne du fait que certains occidentaux ne se rendent pas compte, malgré leurs voyages dans ces pays pauvres, de la chance qu’ils ont de pouvoir voyager! C’est un LUXE que les locaux dans ces pays-là ne peuvent et ne pourront peut être jamais se permettre. S’ils font la manche ou s’ils volent, eux, c’est pour survivre, pas pour voyager.

Nous, les backpackers, même si on veut démontrer qu’il est possible de voyager avec un petit budget, n’oublions pas que nous avons de la chance d’être nés du bon côté du monde.

Sans l’avoir mérité. Nous comptons parmi les 5% de la population les plus riches au monde, et nous le devons uniquement à la chance.

En fait, si vous gagnez plus de 52,000$ par an, vous faites même partie des 1% de la population la plus riche du monde. Et ce calcul tient déjà compte du coût de la vie.

Répartition mondiale du revenu

Source : Doing Good Better

Cela signifie aussi que 20% de la population mondiale vit en dessous de 1,50$ par jour.

Tout qui a voyagé dans les pays les plus pauvres au monde sait que même si le coût de la vie y est plus bas, on ne fait pas grand chose avec 1,50$ par jour.

kawa leen indonesie mineurs

Les porteurs de souffre à Kawah Ijen, en Indonésie, effectuent en moyenne deux trajets par jour jusqu’au cratère, portant jusqu’à 100kg de souffre sur leurs épaules, gagnent l’équivalent de 85 euros par mois.

Même la classe moyenne dans ces pays, avec un bon emploi dans une multinationale, gagne un salaire qui ne leur permettra de visiter la magnifique vieille Europe qu’au bout de nombreuses années d’économies (sans parler des complications pour obtenir un visa). Bien souvent, ils ne la visiteront jamais.

On a tendance à pointer du doigt les riches, les actionnaires de multinationales par exemple, ou les traders, à se dire que c’est eux qui devraient prendre leurs responsabilités. Mais quand on se compare au Sud, on est tous des « riches ».

Alors, quand vous voyagez, prenez vos responsabilités. Au minimum, car je sais que vous êtes sur un budget, respectez ces pays, et faites vivre l’économie locale – mangez local, par exemple.

C’est notre devoir à tous de rendre au Sud un peu de ce qu’on lui a pris durant les siècles passés. Car historiquement, nous devons plus au Sud qu’ils ne nous doivent.

Rien qu’en donnant 1,50$ par jour aux plus pauvres, cela double déjà leur revenu actuel. Cela ne représente rien pour nous, et pourtant cela les rend deux fois plus riches.

Si, de retour chez vous, vous souhaitez continuer à aider ces pays, pensez aux donations. Les donations sont une manière de contribuer à combattre la misère extrême qui affecte peu notre style de vie (d’autant qu’elles sont déductibles des impôts). Or, quelques euros peuvent faire une grande différence dans la vie de ces personnes.

Bien sûr, pour avoir le maximum d’impact, le choix des oeuvres caritatives auxquelles donner est important. J’ai été très inspirée récemment par le livre « Doing Good Better » écrit par William Mackaskill, le fondateur du mouvement « Altruisme Effectif ». Sur base d’arguments rationnels et non émotionnels, il pose les bonnes questions pour choisir une cause, une œuvre caritative ou une carrière pour maximiser son impact, et bouscule souvent les idées reçues. L’organisation GiveWell analyse les oeuvres de charité pour aider les donateurs à choisir celles qui leur permettront de faire la plus grande différence.

hampi-india

Hampi, Inde

Les gains potentiels de l’immigration pour combattre la pauvreté

Il existe un moyen encore plus efficace de réduire la pauvreté mondiale, malheureusement très controversé à l’heure actuelle : l’immigration.

Les chiffres suivant viennent du livre « Let Their People Come » de Lant Pritchett, un économiste américain.

  • Nous transférons environ 70 milliards de dollars par an en aide au développement des pays pauvres. Une étude de la Banque Mondiale de 2005 a estimé les bénéfices d’une augmentation de seulement 3% de travailleurs issus des pays pauvres, dans les pays riches, par un assouplissement des restrictions à l’immigration.

Ces gains sont de $300 milliards de dollars – à peu près 4,5 fois plus que l’aide au développement.

  • A noter également que les résidents des pays riches bénéficieraient en fait de cette immigration – le coût de l’immigration est en réalité un bénéfice net de $51 milliards supplémentaires d’après les mêmes estimations.
  • Et cela ne tient même pas compte des dépenses des pays riches pour empêcher le mouvement du travail, qui est estimé à 17 milliards de dollars pour juste 5 pays. C’est une fraction substantielle de ce qu’on dépense en aide au développement.

Les gains potentiels d’une petite augmentation de l’immigration sont donc bien plus important que n’importe quelle autre mesure à l’agenda international – que ce soit au niveau des aides ou du commerce.

Ces immigrants transfèrent souvent une grande part de leur salaire à leurs familles ou dans leur pays sous forme de dons. J’ai visité l’organisation Educate Lanka il y a quelques mois lors de mon dernier voyage au Sri Lanka, un pays ravagé par une guerre qui s’est terminée en 2009. Cette organisation permet de sponsoriser des jeunes étudiants. J’étais étonnée d’apprendre que tous leurs donateurs étaient en fait des Sri Lankais qui vivent à l’étranger !

school-sri-lanka

Une école au Sri Lanka

Pourtant, beaucoup d’Occidentaux ne sont même plus gênés de dire qu’ils sont contre l’immigration. La solidarité s’arrête donc aux frontières. Quand on se bat contre la discrimination des sexes, des religions, des races… pourquoi est-ce que la nationalité – qu’on ne choisit pas – reste une base légitime de discrimination, un frein légal à l’égalité des chances ?

La mondialisation ne doit pas être à sens unique. Doit-on rappeller que 1,6 millions de français vivent à l’étranger? Une augmentation de 60% depuis 2000. Nous ne nous gênons pas, nous Occidentaux, pour profiter des ressources ou opportunités d’emploi au-delà de nos frontières. Mais le mot « frontière » ne signifie plus grand chose pour nous, qui pouvons voyager où bon nous semble, bien souvent sans même avoir à faire des démarches pour un visa? On a tendance à oublier à quel point nous sommes privilégiés.

Pourquoi la mondialisation s’arrête-t-elle à la libre circulation des capitaux et des biens? Qu’en est-il de la libre circulation des personnes? Le véritable obstacle est politique. La peur de « l’Autre », de la différene, qu’ils nous volent « nos » emplois. Le véritable obstacle, c’est bien nos préjugés et notre manque de solidarité. Lant Pritchett propose dans son livre des politiques qui soutiennent le développement tout en restant acceptables pour les nations les plus riches.

La diversité est pourtant une richesse, et la solidarité une condition indispensable à la paix.

Il y a tellement à apprendre des autres et d’autres cultures. Pour avoir vécu avec des personnes des quatre coins du monde, et pour vivre depuis 3 ans une relation multiculturelle, je peux le dire en connaissance de cause.

Je suis loin d’être un cas isolé. L’amour ne s’arrête pas aux frontières. Il est ressorti d’une étude de 2014 sur le programme d’échange étudiant Erasmus que 1/3 des étudiants ont rencontré leur partenaire pendant leur échange, et qu’un million d’enfants auraient vu le jour depuis 1987.

Célébrons la diversité au lieu d’en avoir peur. Arrêtons cette course à la consommation, soyons solidaires. Il ne tient qu’à nous de rendre ce monde un peu plus juste.

Des cultivateurs dans les campagnes Birmanes

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